Justice Rutikara

D’origine rwandaise, Justice Rutikara a grandi à Québec. Passionné par les arts visuels, l’interprétation puis le 7e art, il a participé à la création ou joué dans plusieurs projets professionnels, au théâtre et au cinéma. Diplômé en Études internationales à l’Université de Montréal, il a choisi de s’investir à l’écriture et la réalisation d’œuvres cinématographiques avec le désir d’explorer la beauté et l’absurdité de l’expérience humaine à travers son concept du « chaos harmonique ». Ses œuvres lui ont notamment valu le Prix de la Relève 2018 à la Course des régions pancanadienne, et une nomination comme Meilleur Réalisateur de l’année au Gala Dynastie 2020. Présentement, Justice réalise son premier moyen-métrage documentaire La Cité des Autres et développe Au 7e jour, son premier documentaire animé.

  • Au 7e jour, documentaire d’animation, prod. Yzanakio, (en développement).
  • La Garde forestière, balado de fiction, prod. Spira, diffusion: Radio-Canada (en développement).
  • La Cité des Autres, moyen-métrage documentaire, prod. Rapide-Blanc/Parallaxes, diffusion: Radio-Canada (en production).
  • Tâche de vin, court-métrage de fiction, réalisé par Guillaume Comtois, 2019.
  • Le Muzungu québécois, court-métrage documentaire, prod. Fondation Fabienne Colas/Inis, diffusion: Télé-Québec, 2019.
  • Comme une étoile filante, court-métrage de fiction, prod. Course des régions pancanadienne, diffusion: Unis TV, 2018.
  • Têtes cassées, court-métrage de fiction, 2017

#MAINARTIST

Notre organisme est un centre d’artistes engagé à soutenir sa communauté dans son ensemble, sans aucune distinction, dans la création cinématographique indépendante.

Notre force ce sont nos membres. Ils constituent notre essence même.

Suite aux événements récents, il nous est apparu comme essentiel de leur offrir une place afin qu’ils expriment leur ressenti face aux discriminations qu’ils vivent de par leur couleur de peau, leurs origines, leur orientations sexuelle, leur genre, et partagent leurs réflexions face à ce drame sociétal que constitue toutes formes de rejet de l’autre.

Chaque mois, Main Film donnera la parole à ses membres pour qu’ils vous partagent leurs réflexions sur les discriminations auxquelles ils font face. 

Notre second artiste à contribuer est Justice Rutikara.

#MainArtist #ArtisteImportant

Car ce sont les artistes qui portent à la fois le rôle de représenter la société et de la faire évoluer.


❝  C’est à notre arrivée au Québec que mon frère et moi étions devenus des « nouères ». Avant, on était juste des petits garçons.
Ici, le monde nous voyait à travers un concept de couleur. Et ce concept était au bas de l’échelle de compétences, de dignité, et de mérite.
Néanmoins, on faisait aussi partie d’une communauté qui partageait depuis longtemps cette constante dévaluation et oppression sournoise dans lesquelles elle avait appris à résister puis à se valoriser en son sein. Comme plusieurs autres, c’est dans cette réalité que nous avons grandi. Dans un monde inégal et malhonnête envers nous.
Enfants, nous étions déjà habitués d’être méprisés pour nos traits physiques. Après avoir été pourchassés pour être considérés comme une ethnie nuisible, après avoir été détesté pour appartenir à une nation qu’on connaissait peu, et après avoir été maintes fois discriminés, méprisés, et sous-estimés pour être noir, être haïs pour notre apparence était devenus normal.
Ce n’est que récemment, à la suite des manifestations débutées à Minneapolis, que je me suis rendu compte que nous n’étions pas obligés d’être traité de cette manière par une multitude de gens et de systèmes qui nous cadrent et nous régissent. Cette normalité n’a pas lieu d’être. Ces genres de propos et ces genres d’images négatives que nous avons été habitués de subir ne devraient jamais avoir lieu. Surtout lorsqu’ils sont aussi réducteurs et destructifs qu’ils le sont à présent.
J’ai commencé ma carrière de cinéaste, parce que j’ai été déçu par les injustices et la malhonnêté de l’industrie de la télévision et du cinéma québécois envers sa diversité humaine qui habite sa capitale : Montréal, la ville la plus cosmopolite du Québec.
Aujourd’hui, je suis bien heureux de savoir que le vent du changement se lève pour un temps, et qu’il y a de plus en plus d’artistes comme moi qui perçoivent le cinéma comme un important vecteur de changements dans lequel nous pouvons avoir un impact positif. Pour plusieurs, nous vivons un momentum inédit pour parvenir à un monde plus égal et plus honnête.
Un monde qui offrira plus d’amour et d’appréciation à tous les enfants, sans compromis.  ❞
Justice
Crédit photo : Yvano Antonio


soutien aux cinéastes indépendants