Sandra Mathieu

Après avoir complété des études en production télévisuelle et en scénarisation cinématographique, Sandra J. Mathieu scénarise et réalise un premier court-métrage documentaire qui a pour sujet son premier voyage en Haiti, suite au séisme de 2010. Elle réalise et scénarise par la suite un court-métrage de fiction inspiré d’un fait vécu et qui a pour titre Je t’aime à mort, fait en 2014. Plus récemment, elle crée la websérie Reine qui traite des enjeux actuels que vivent les femmes noires. Elle reçoit en 2019 une bourse de Netflix afin de poursuivre ses études en scénarisation à l’Institut Nationale de l’Image et du Son. Durant son passage à L’INIS, elle scénarise la websérie Bonne figure qui a reçu un bel accueil dans les festivals. Elle travaille actuellement à l’écriture de plusieurs projets, dont une websérie et à l’écriture de son premier long-métrage de fiction. Par son art Sandra tente de se réapproprier les code narratifs et de briser les stéréotypes. Elle oeuvre dans le milieu en tant que réalisatrice, scénariste et monteuse.

  • 27$, long-métrage fiction (Scénarisation) En développement, 2021
  • Une rencontre fortuite, court-métrage fiction (Scénarisation, réalisation) préproduction, 2020
  • Bonne figure, websérie fiction (Scénarisation) Production Inis, 2020
  • Fissure, court-métrage documentaire (Scénarisation) Production Inis, 2019
  • Reine, websérie fiction (Scénarisation, réalisation) Production Havilah Films 2018
  • Je t’aime à mort, court-métrage fiction (Scénarisation, réalisation) Production Havilah Films, 2014
  • Ma première fois, court-métrage documentaire (Scénarisation, réalisation) Production Havilah Films, 2010

 


#MAINARTIST

Notre organisme est un centre d’artistes engagé à soutenir sa communauté dans son ensemble, sans aucune distinction, dans la création cinématographique indépendante.

Notre force ce sont nos membres. Ils constituent notre essence même.

Suite aux événements récents, il nous est apparu comme essentiel de leur offrir une place afin qu’ils expriment leur ressenti face aux discriminations qu’ils vivent de par leur couleur de peau, leurs origines, leur orientations sexuelle, leur genre, et partagent leurs réflexions face à ce drame sociétal que constitue toutes formes de rejet de l’autre.

Chaque mois, Main Film donnera la parole à ses membres pour qu’ils vous partagent leurs réflexions sur les discriminations auxquelles ils font face. 

Notre troisième artiste à contribuer est Sandra Mathieu.

#MainArtist #ArtisteImportant

Car ce sont les artistes qui portent à la fois le rôle de représenter la société et de la faire évoluer.


❝  Je ne vois pas la couleur ou invisibiliser l’invisible.
Quand j’ai commencé mes études en télévision, il y a plusieurs années, j’étais la seule noire du programme. J’étais la seule minorité visible, mais pourtant on ne me voyait pas. Je devais constamment prouver que je suis compétente et que j’ai ma place parmi le reste du groupe.
Aujourd’hui, je suis heureuse de constater que les voix sont de plus en plus diverses dans le milieu, cependant, le besoin de constamment prouver nos compétences et prouver qu’on a notre place est encore bien présent.
Les personnes qui aiment insister sur le fait qu’ils ne sont pas racistes emploient souvent cette phrase : Je ne vois pas la couleur. Bien que les intentions derrière cette citation soient légitimes, cette idéologie invalide le vécu de ceux qui vivent des discriminations au quotidien.
Dire qu’on ne voit pas la couleur, c’est ignorer qu’il y a un problème. C’est dire qu’on ne voit pas les luttes de l’autre. C’est faire l’autruche et se mettre la tête dans le sable. J’aimerais au contraire, qu’on remarque la couleur et plus encore, l’absence de celle-ci dans les médias, dans les hautes sphères décisionnelles, dans les nominations de gala, etc…
Je rêve d’un monde ou les employeurs qui reçoivent des CV remarquent davantage les compétences de l’individu qui postule plutôt que son nom de famille. Un monde ou Diallo, rimerait avec Tremblay.
Nous vivons dans des temps où on a tous ce désir fervant d’exister et il est important de comprendre que d’exister, n’efface pas la présence de l’autre mais au contraire la révèle.
Plus que jamais il faut s’entendre et se faire entendre. Plus que jamais il faut se voir et se faire voir. Et par dessus tout, il faut aimer, s’aimer soi-même et vivre de toutes ses forces.
En tant qu’artistes et cinéastes nous avons comme devoir d’essayer de comprendre ce monde dans lequel on vit et tenter de l’expliquer à travers notre art. Nous avons ce privilège d’utiliser cette arme puissante qu’est l’art pour faire entendre nos voix et se faire voir. La tâche ne sera pas facile, mais elle est nécessaire, ne serait-ce que pour léguer un monde plus inclusif à ceux qui viendront après nous.
Sandra
Crédit photo : Carmen Rachiteanu


soutien aux cinéastes indépendants