Mylène Augustin

La #MainArtist du mois de février, Mylène Augustin, revient sur la fondation d’Inaru Films, à la croisée du deuil collectif, des bouleversements mondiaux et d’une remise en question attendue depuis longtemps, en s’interrogeant sur ce qu’il reste réellement des promesses de changement. Entre visibilité et transformation réelle, elle questionne ce que signifie tenir bon, créer et affirmer sa présence lorsque l’urgence s’estompe, mais que la réalité, elle, demeure.


De 2014 à 2020, Mylène a œuvré comme productrice déléguée dans les studios documentaire et d’animation de l’ONF. Elle a collaboré à une douzaine de projets, du court au long métrage documentaire, en passant par le court métrage d’animation. Elle co-fonde Inaru Films en 2020 avec Marie Ka, dans le but d’accompagner les cinéastes sous-représentés de tous horizons. La première série de fiction d’Inaru Films, LES MÉTÉORITES a reçu 14 prix et mentions, dont celui de lameilleure série étrangère au Festival de la fiction de La Rochelle(2024) et le prix Gémeaux de la séries’étant le plus illustrée à l’étranger(2025). Mylène a également produit le court métrage d’animation IBUKA, JUSTICE qui a été projeté dans plus d’une quarantaine de festivals. Le film a récolté 11 prix et mentions, dont le Prix de la Ville d’Annecy au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2025 et une nomination pour le prix IRIS du meilleur court métrage d’animation en 2025. Engagée au sein de l’industrie, Mylène siège aux conseils d’administration de l’UPPCQ (Union des Producteurs et Productrices du Cinéma Québécois) et du Centre de création numérique TOPO. Elle est également membre fondatrice du collectif d’artistes afrodescendants Black on Black films.


Filmographie

  • Pink Moon, court métrage de fiction (Inaru Films) – en postproduction
  • Les Météorites, série courte de fiction (Inaru Films, Tou.tv) – 2024
  • Ibuka, Justice, court métrage d’animation (Yzanakio) – 2024
  • Camfranglais, court métrage documentaire (co-réalisé avec Feven Ghebremariam) – 2018

Marie, mon associée, et moi avons fondé Inaru Films vers la fin de l’année 2020, quelques mois après le meurtre de George Floyd et au plus fort d’une pandémie mondiale.

Le premier événement a marqué les consciences. Le deuxième a forcé le monde à s’arrêter, et à tourner un regard horrifié vers une réalité qui n’avait pourtant rien de nouveau. Car avant George, il y a eu Trayvon, Sandra, Philando, Breonna. Et plus près de nous, Alain, Pierre, Nicholas… Ces noms qui évoquent le même sentiment familier pour des millions de personnes qui partagent avec eux un vécu, une vie teintée par une couleur que certains disent ne plus voir en se drapant dans leur vertu.

Ironiquement, un meurtre et une pandémie ont permis à Inaru d’exister. De se déployer dans une effervescence qui nous laissait croire que le monde, plus particulièrement l’industrie du cinéma et de la télévision, était prêt à faire mieux.

Que reste-t-il de ce vent de changement cinq ans plus tard ? Pour Inaru, une série de fiction qui a su faire son chemin jusqu’au cœur du public québécois. Pour moi, une forme de reconnaissance, peut-être. Reconnaissance, ou plutôt, conscience de mon existence à titre de productrice. On a reçu quelques prix, j’ai le privilège de m’exprimer en tant que #Mainartist du mois de l’histoire des Noirs, on m’invite sur des panels de discussion, presque toujours pour parler de #diversité. Le seul mot que je m’étais promis de ne pas prononcer ici.

Rien de révolutionnaire, en somme. Rien qui ne laisse présager que le monde a irrémédiablement changé depuis 2020.

Un constat pourtant : contrairement à ce qu’affirment les bien-pensants, une partie de moi, certainement l’une des plus chères à mes yeux, est encore bien visible. ❞

Mylène Augustin

#MAINARTIST

Notre organisme est un centre d’artistes engagé à soutenir sa communauté dans son ensemble, sans aucune distinction.

Au-delà des simples déclarations de solidarité contre le racisme suite aux événements de l’été 2020, mais également contre les actes racistes plus récents et ceux qui perdurent historiquement, il nous est apparu comme essentiel d’offrir une place à nos membres afin qu’ils·elles expriment leurs ressentis face aux discriminations qu’ils.elles vivent et qui pourraient être fondées sur la couleur de peau, les origines, l’orientation sexuelle, leur genre ou un handicap.

Nous les invitons donc à partager leurs réflexions face à ce drame sociétal que constitue toutes formes de rejet de l’autre.

Notre 38ème artiste à contribuer est Mylène Augustin.

#MainArtist #ArtisteImportant

Car ce sont les artistes qui portent à la fois le rôle de représenter la société et de la faire évoluer.