Grace An

La #MainArtist du mois de mai, Grace An, crée des mondes animés où le langage glisse, se multiplie et se transforme. À travers le dessin, les erreurs de traduction et des rythmes fragmentés, elle explore la diaspora, la mémoire et l’héritage culturel. En mêlant l’absurde à l’intime, son travail réfléchit à ce que signifie naviguer entre les langues, les identités et les lieux sans appartenir entièrement à un seul d’entre eux, révélant la poésie qui émerge lorsque le sens est autorisé à demeurer fluide. Ce fut un plaisir de soutenir son travail sur cabbage_daddy.


Grace An (née en 1992 à Toronto/Tkaronto) est une artiste en animation et cinéaste originaire de Lindsay, en Ontario, aujourd’hui établie à Montréal (Tiohtià:ke/Mooniyang). Elle aime créer des œuvres conceptuelles ancrées dans le dessin. Grâce à une approche dialogique, sa pratique réfléchit à la relation entre le film et les objets. Ses courts métrages ont été produits dans le cadre de programmes de l’Office national du film du Canada et ont été projetés à travers le Canada. Son plus récent court métrage, cabbage_daddy, a été présenté en première au Festival du film de Sundance 2026. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts en animation cinématographique de la Mel Hoppenheim School of Cinema de l’Université Concordia, ainsi qu’une maîtrise interdisciplinaire en art, médias et design de l’Université OCAD. Elle y enseigne actuellement au programme d’animation expérimentale.


Filmographie

  • cabbage_daddy, court métrage de fiction (2026)
  • baek-il, court métrage de fiction (2026)
  • Paper Accordion, court métrage de fiction (2020)

Il y a quelques années, j’ai commencé à tenir une liste d’homonymes et de correspondances de mots entre le coréen et l’anglais que je trouvais drôles ou poétiques. Éventuellement, j’ai commencé à y voir la forme d’un scénario. Mon plus récent court métrage d’animation porte sur les erreurs de traduction et les multiples sens. Il tente de capter l’esprit d’un enfant aux prises avec le langage, comme des mots qui entrent et sortent de sa tête. Une expérience que j’ai vécue comme Canadienne de deuxième génération, en essayant d’apprendre la langue de mes parents. Réalisé sur papier à l’aide de crayons de cire, cabbage_daddy est absurde, et parfois un peu sexy. C’est un film d’animation pour l’ère de l’attention fragmentée, qui défile rapidement à travers 75 plans en moins de quatre minutes. Une réflexion sur la sensation d’être perdu dans la traduction.

Au lieu de simplement démontrer la K-culture, j’espérais que le projet puisse trouver un écho chez les personnes qui parlent ou apprennent une deuxième ou troisième langue. Je suis autant une gyopo qu’un enfant ayant grandi dans une région rurale de l’Ontario, et je crois que cela transparaît dans mon travail, si on y prête attention. C’est important pour moi parce que je ne veux jamais avoir honte de montrer mon propre travail à ma propre communauté. Plutôt qu’une performativité fondée sur l’identité, je m’intéresse davantage à la tentative de célébrer les diasporas par les personnes mêmes qui appartiennent aux communautés dont elles s’inspirent. En étant spécifique au territoire et à la culture, plutôt qu’en les exploitant. « Not by a colonizer, but colleagues », pour citer Kendrick Lamar. Même si toutes les institutions n’ont pas encore rattrapé ces idées, ma carrière d’artiste a été influencée par ces tendances, que cela me plaise ou non. Même lorsque je travaille avec des contraintes, j’essaie d’y glisser quelque chose de vrai qui pourrait s’échapper malgré tout. Lorsqu’on part d’un lieu personnel, cela ajoute toujours de la richesse à l’œuvre. Quand on appartient à cette réalité, ce n’est pas seulement authentique : cela se fait sans même y penser. On ne peut pas s’en empêcher, parce que c’est notre vie, et cela transparaît dans tout ce que nous faisons. Même si c’est parfois imparfait. ❞

Grace An

#MAINARTIST

Notre organisme est un centre d’artistes engagé à soutenir sa communauté dans son ensemble, sans aucune distinction.

Au-delà des simples déclarations de solidarité contre le racisme suite aux événements de l’été 2020, mais également contre les actes racistes plus récents et ceux qui perdurent historiquement, il nous est apparu comme essentiel d’offrir une place à nos membres afin qu’ils·elles expriment leurs ressentis face aux discriminations qu’ils.elles vivent et qui pourraient être fondées sur la couleur de peau, les origines, l’orientation sexuelle, leur genre ou un handicap.

Nous les invitons donc à partager leurs réflexions face à ce drame sociétal que constitue toutes formes de rejet de l’autre.

Notre 40ème artiste à contribuer est Grace An.

#MainArtist #ArtisteImportant

Car ce sont les artistes qui portent à la fois le rôle de représenter la société et de la faire évoluer.